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Opération de rationalisation des périodiques scientifiques Les éditeurs et la réalité économique des bibliothèques universitaires: constat

Le monde de l'édition savante

La communication savante est au cœur de la recherche scientifique. Or, le modèle d'affaires utilisé par les éditeurs, extrêmement lucratif, n'est plus viable pour les bibliothèques universitaires. En effet, au cours des 25 dernières années, les dépenses d'abonnement aux périodiques ont explosé de plus de 400%, soit 4 fois plus que l'indice des prix à la consommation pour la même période 1.

Cette hausse démesurée du coût des abonnements est causée par cinq grands éditeurs scientifiques qui détiennent maintenant 50% des revues savantes 2. Un quasi-monopole de l'édition scientifique s'est donc établi au fil des ans. Ces éditeurs (Elsevier, Wiley, Taylor & Francis, Springer et Sage) possèdent désormais la liberté nécessaire pour définir les règles du jeu et engendrer des marges de profit astronomiques. Le modèle adopté par ces derniers consiste à imposer aux bibliothèques des abonnements aux revues par le biais d'ensembles forfaitaires.

Ainsi, pour obtenir un accès aux titres qui répondent réellement aux besoins d'enseignement et de recherche de l'institution, les bibliothèques doivent payer pour la totalité des publications de l'éditeur, dont plusieurs sont inutiles. La Bibliothèque de l'Université Laval ne fait pas exception à cette règle. Dans ce contexte, la part de son budget consacrée à l'abonnement aux périodiques et aux bases de données n'a cessé d'augmenter au détriment de celle accordée aux monographies, créant ainsi un déséquilibre.
 

  Part du budget consacrée à l'abonnement
aux périodiques et aux bases de données
Part du budget consacrée
aux monographies
2013-2014 75% 25%
2014-2015 82% 18%
2015-2016 86% 14%
2016-2017 90% 10%

 

Vidéo - Privés de savoir?

L'émission proposée par la chaîne YouTube DataGueule permet d'en apprendre un peu plus sur le monde de l'édition scientifique et la réalité économique des bibliothèques universitaires

Réalité économique

En plus de la hausse du coût des abonnements, le contexte économique défavorable aux universités nuit au développement des collections de périodiques scientifiques. D'une part, les bibliothèques universitaires canadiennes sont actuellement victimes de la faible valeur du dollar canadien, l'achat de la majorité de la documentation s'effectuant en dollar américain. Chaque fois que le dollar canadien perd 1¢, la Bibliothèque de l'Université Laval voit son pouvoir d'achat réduit de 100 000$.

D'autre part, les universités québécoises ont subi des coupes budgétaires importantes. Afin d'éviter le déficit, l'Université Laval a réduit le budget des facultés et services. Les budgets de fonctionnement et d'acquisition de la Bibliothèque ont de ce fait été affectés.

Conclusion: une rationalisation est inévitable

Ces enjeux réunis — la hausse du coût des abonnements, la dévaluation du dollar et les compressions budgétaires — ont un impact majeur sur le budget de la Bibliothèque. En 2016-2017, elle voit son pouvoir d'achat diminuer de 35% par rapport aux années précédentes. Confrontée à cette conjoncture particulière, la Bibliothèque a entrepris une analyse de l'ensemble de ses acquisitions et est contrainte de mettre fin à certains abonnements forfaitaires, de réduire le nombre de ses autres abonnements à la pièce et de diminuer ses acquisitions de monographies.

 

Pour en savoir plus, consultez les pages suivantes.

 

1 Source: ARL Statistics 2010-11 Association of Research Libraries, Washington, D.C http://www.arl.org/storage/documents/monograph-serial-costs.pdf
2 Source: Larivière, Vincent. «L'oligopole des grands éditeurs savants» dans Découvrir. Le magazine de l'ACFAS, février 2015. http://www.acfas.ca/publications/decouvrir/2015/02/l-oligopole-grands-editeurs-savants